Ramakrishna aimait illustrer sa pensée par des paraboles simples,

facilement compréhensibles par tous,

et en appelait toujours au simple bon sens !

Suite de : Le Rayonnement de Râmakrishna

et de : Le culte de Kâlî, Mère Divine, par Ramakrishna, et l'idolâtrie

Ramakrishna

Le vieillissement

Ramakrishna était un conteur né ! Alors qu’on lui demandait ce qu’il pensait du Maharshi Devendranath Tagore qui tentait de concilier le monde et Dieu, il répondit doucement :

« Devendranath Tagore…, Devendranath…, …, Devendra… Et il salua, puis il dit :

- Savez-vous ce que c’est ?... Il y avait une fois un homme qui avait coutume de célébrer en grande pompe la fête de Durga Pûjâ. On sacrifiait des chèvres, du matin au soir. Après quelques années, le sacrifice perdit de son lustre. Quelqu’un dit à l’homme : - Comment se fait-il qu’il soit si réduit ? – C’est, lui répliqua l’autre, qu’à présent mes dents sont parties.

Ainsi reprend le conteur irrévérencieux, il est trop naturel qu’à cet âge avancé, Devendranath pratique la méditation. [1] »

[1] - Cité par Romain Rolland, La vie de Ramakrishna, Librairie Stock, 1930, p. 161.

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La parabole du jardinier s’adresse à tout malade

 

« Le jardinier sait bien comment traité la rose commune. Et il sait comment traiter la rose de Bassora. Pour elle, il dégage la terre tout autour des racines, afin qu’elle profite de la rosée nocturne. La rosée ajoute force et fraicheur à la rose. Il en ai de même pour vous. Le Divin jardinier sait comment vous traiter. Il creuse autour de vous jusqu’à vos racines mêmes, afin que tombe sur vous la rosée, et que vous deveniez plus pur, et que votre ouvre soit plus grande encore et plus durable. [1] »

La Mère Universelle, Mère Veilleuse, Mère Immaculée : « Elle veille sur ses enfants… Elle sait comment leur obtenir la vraie libération et la vraie connaissance… L’enfant ne connaît rien. Sa mère connaît tout. Tout est ordonné selon sa volonté… Tu fais ta seule volonté, ô Divine Mère. Tu fais Ton œuvre propre ! L’homme insensé dit : “C’est moi qui l’ai fait”… [2] »

 [1] - Cité par Romain Rolland, La vie de Ramakrishna, Librairie Stock, 1930, p. 179.

[2] - Cité par Romain Rolland, La vie de Ramakrishna, Librairie Stock, 1930, p. 179.

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La parabole du potier 

« Le potier sèche ses pots au soleil. Il en est de déjà cuits. D’autres non. Le bétail passe et les foule aux pieds… (c’est la mort)… Le potier les reprend. Tant que vous n’êtes pas cuit, le potier vous remet sur le tour, il ne vous laisse point partir. Mais quand le soleil de Dieu a achevé sa cuisson, le potier laisse les débris, car vous n’êtes plus utiles sur le plan de Mâyâ. Toutefois, il conserve encore quelques-uns de ceux qui sont achevé, afin qu’ils servent de modèle à l’humanité. [1] »

potier

Invoquer Dieu

 « Un jour, Narada songe qu’il est le plus pieux des hommes. Le Seigneur lui dit d’aller voir un paysan qui est plus pieux que lui. Il y va. Ce paysan invoque le nom de Hari, en se levant et en se couchant ; et le reste du temps, il travaille dans ses champs.

Narada ne comprend pas.

Alors le Seigneur lui ordonne de prendre une coupe pleine d’huile jusqu’au bord, et de la porter autour de  la ville sans en répandre une goutte.

Narada obéit. Quand il revient sans en avoir répandu une goutte, le Seigneur lui demande

- Combien de fois as-tu pensé à moi ?

- Seigneur, répond Narada, comment aurai-je pu penser à vous ? Tout mon esprit était concentré sur la coupe d’huile…

Alors le Seigneur fit comprendre à Narada combien grande est la dévotion du paysan qui, en dépit de son labeur, n’oublie pas d’invoquer son nom. [2] »

Paysan indou

Pensée sur  l'Absolu

« L’Absolu est sans attache avec le bien comme avec le mal. Il est telle la lumière d’une lampe. Vous pouvez, grâce à elle, lire les Saintes Ecritures. Mais vous pouvez également faire de fausses signatures, , à la même lumière…. Quels que soit le péché, le mal, ou la misère que nous trouvions dans le monde, ils ne sont misère, mal ou péché que relativement à nous. L’Absolu n’en est pas affecté. Il est au-dessus et au-delà. Son Soleil luit également sur le Mal et sur le Bien (…)

Je vois, je réalise que tous les trois sont la même Substance : la victime, du sacrifice, le billot, et le sacrificateur… [3] » 


[1] - Cité par Romain Rolland, La vie de Ramakrishna, Librairie Stock, 1930, p. 188.

[2] - Ibidem, p. 199.

[3] - Idem, p. 215.

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Le Bien-Aimé 

« Il n’y a aucune différence, que vous l’appeliez “Toi”, ou que vous pensiez : “Je suis Lui”. Les hommes qui le réalisent par le “Toi”, entretiennent avec lui des relations exquises. Tel un vieux serviteur de confiance et son Maître. A mesure qu’ils vieillissent tous deux, le Maître s’appuie sur lui. Il le consulte sur toutes ses affaires. Un jour, il le prend par la main et l’assied sur son trône. Le serviteur, confus, lui dit : “Seigneur que faites-vous ?...” Mais le Maître le retient sur le trône, près de lui, il lui dit : “Vous êtes le même que Moi, mon Bien-Aimé !...[1] »


[1] - Cité par Romain Rolland, La vie de Ramakrishna, Librairie Stock, 1930, p. 216.

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Coulez vers l’Océan

« Ne parlez pas d’amour avec votre frère ! Aimez… Ne discutez pas sur les doctrines et sur les religions. Il n’y en a qu’une. Toutes les rivières vont à l’Océan. Allez et laissez aller les autres !... La grande eau se fraie, le long de la pente – selon les races, les âges et les âmes – un lit différent. C’est la même eau… Allez. Coulez vers l’Océan ![1]... »


[1] - Cité par Romain Rolland, La vie de Ramakrishna, Librairie Stock, 1930, p. 266.

Océan

Ramakrishna eut une vision du Christ.

Après son départ, son disciple Vivekanda,

un soir de Noël, conte aux autres disciples réunis

l’histoire du Seigneur Jésus 

Récit d’un soir de Noël passé à Ampur, entre disciples :

« … La soirée était avancée. Ils se réunirent autour du foyer. Ils avaient apporté et allumé de grosses bûches ; et bientôt le feu flamba… Au-dessus, la nuit indienne étendait son dais. Tout autour la paix ineffable des champs endormis. Ils méditaient en silence… Vivekananda se mit à conter l’histoire du Seigneur Jésus. Il dit le merveilleux mystère de la Nativité et de l’Annonciation… Les moines, transportés de béatitude, revivaient les jours de la fuite en Egypte. Ils suivaient l’Enfant Christ dans le Temple, où les pandits juifs l’entouraient… Ils étaient avec lui, quand il réunissait ses premiers disciples ; et il leur semblait qu’ils l’avaient connu, comme ils connaissaient leur propre maître [1]. Les nombreux traits de ressemblance  dans la pensée et dans l’action, ainsi que dans les relations avec les disciples, entre Christ et Ramakrishna, leur remirent en mémoire les jours de félicité passés avec leur maître. Les paroles du Rédempteur résonnaient à leurs oreilles comme des mots familiers… [2] »


[1] - Note de bas de page : « De deux d’entre eux : Sasibhursham  (Ramakrishhananda), et Saratchandra (Saradananda), Ramakrishna disait déjà  qu’ils avaient été les disciples du Christ dans une vie antérieure. »