Ramakrishna était un adepte de Kâlî, la Mère Divine

Suite de :  Le Rayonnement de Râmakrishna

« Il faut que l’humanité meure, avant que se manifeste la divinité. Mais cette divinité doit mourir à son tour, avant qu’est lieu la manifestation suprême. » 

Cette mort est le passage du dieu personnel au Dieu Impersonnel, réalisation de l’Absolu ou encore, Troisième Naissance…

Kali 

Kâli dansant sur le corps de Shiva.

« C’est sur le corps de la divinité morte que la bienheureuse Mère danse sa danse céleste. [ 1] »

La parabole de la poupée de sel contée par Ramkrishna est d’une simplicité  exemplaire :

« Il était une fois une poupée de sel qui descendit vers la mer, dans l’intention d’en mesurer la profondeur. Elle tenait à la main une sonde. Arrivée au bord de l’eau, elle contempla le puissant Océan. Jusqu’à ce point, elle continuait d’être la poupée de sel. Mais elle n’eut pas plutôt fait un pas en avant et mit un pied dans l’eau, qu’elle devint une avec l’Océan et se perdit entièrement… Le sel, qui la composait, était venu de l’Océan, et voici qu’il était redevenu de l’Océan… La poupée de sel ne peut retourner vers nous, pour parler de la profondeur de l’Océan…[2] »

Ramakrishna chantait constamment les hymnes à la Mère Divine :

« Ô mon esprit, plonge en criant le nom de Kâlî,

dans les eaux sans fond de l’Océan du Cœur… [3]»

L’Unité recouvre l’idolâtrie apparente pour qui ne sombre pas dans le dogmatisme !

« Kâlî n’est autre que Brahman. Kâlî est l’Energie primitive (Çhakti). Inactive, nous appelons cela Brahman. Mais quand cela est en fonction créatrice, conservatrice, destructive, alors nous appelons Cela Çakti ou Kâlî. Celui que vous appelez Brahman, celui-là je le désigne sous le nom de Kâlî. Brahman et Kâlî ne diffèrent pas l’un de l’autres, pas plus que le feu de son action de brûler. Quand on pense à l’un, on pense nécessairement à l’autre. Accepter Kâlî, signifie accepter Brahman. Accepter Brahman, signifie accepter Kâlî…[4] »

[1] - Cité par Romain Rolland, La vie de Ramakrishna, Librairie Stock, 1930, p. 42, note 2.

[2] - Ibidem, p. 78 (Evangile de Ramakrishna, p. 91).

[3] -Idem, p. 82 ( Traduction Marguerite Ferté)

[4] - Idem, p. 73, note 4.

La dévotion du Cœur n'est pas une singerie !

Keshab, un futur disciple, dirigeait des  « dévotions ». Ramakrishna conte avec humour :

« Le chef leur dit : “Entrons en communion avec Lui !” Alors j’attendais : “Maintenant ils vont descendre dans le monde intérieur et pénétrer longuement…” Mais à peine quelques minutes étaient passées qu’ils rouvraient les yeux. Je fus étonné… “Comment peut-on le trouver après une méditation aussi légère ?” Quand tout fut fini et que nous étions seuls, je dit à Keshab : “J’ai observé votre congrégation méditant, les yeux fermés. Savez-vous à quoi cela m’a fait penser ?... Quelquefois à Dakshineswar, je vois sous les arbres une troupe de singes assis, tout raides… L’image de l’innocence… Ils sont entrain de méditer sur les fruits, et les autres choses bonnes à manger, qu’ils vont voler quelques instants après… La communion que vos disciples ont eu avec Dieu n’était, Keshab, en vérité, pas beaucoup plus sérieuse » 

Keshab

Keshab Chandra Sen

Qu'est-ce que l'idolâtrie?

« Un jour qu’il écoutait Keshab énumérer les perfections du Seigneur :

- “ Pourquoi faites-vous cela, lui demanda-t-il, cette énumération statistique ? Est-ce qu’un fils dit à son père : ‘Ô mon père, vous possédez tant de maisons, tant de jardins, tant de chevaux…etc !’ Il est naturel qu’un père mette ses ressources à la disposition de son fils. Si vous pensez à Lui et à ses dons comme à quelque chose d’extraordinaire, vous ne serez jamais intime avec Lui, comme s’Il était loin de vous ! Concevez-le comme votre plus proche ! Alors, il se révélera à vous… Ne voyez-vous pas que ses Attributs, sur lesquels vous vous extasiez, vous rendent idolâtre ?"...

 

Et de préciser : "Dieu est dans la forme, et il est sans forme. Des images et d’autres symboles sont aussi valables que vos attributs, qui ne diffèrent pas de l’idolâtrie,   en sont les formes dures et glacées." [1] »

[1] - Cité par Romain Rolland, La vie de Ramakrishna, Librairie Stock, 1930, p. 172.

Dans "Popos sur la résurrection de Jésus qui fut appelé Christ :

Chap. III : Qui furent Iéshoua‘ (Jésus) et Miriâm (Marie), sa mère ?

Yunus Emré, le plus grand poète soufi de langue turque

Chant indien à la Gloire de Kabir, l'humble tisserand de Bénarès, pour tous les Fidèles d'Amour.