L'"Interprétation kabbalistique du Notre Père ", 

d'après le livre de Magali Cazottes

"La clef des Mystères antiques"

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Michel-Ange, Dieu crée la terre et le soleil.

 M. Cazottes : "La clef des mystères antiques" , un livre fascinant sur les Mythes antiques de la Résurrection...

 http://uniteterreciel.canalblog.com/archives/2015/02/27/31610149.html

Tout le chapitre  de ce livre est à lire pour comprendre les diverses versions de cette prière ancestrale, ses racines dans la Bible, et les interprétations dans les diverses traductions qui en furent faites.

Dans l'Evangile de Mathieu (Chap. VI, versets 9-13), d'après la Bible de Jérusalem (Cerf, 1993) propose :

"Notre Père qui es dans les cieux,

que ton Nom soit sanctifié, que ton Règne vienne,

que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien.

Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs.

Et ne nous soumets pas à la tentation ;

mais délivre-nous du Mauvais." (p. 70)

En vérité, il conviendrait de dire non pas "Que Ton Nom soit sanctifié", mais "Que Ton Nom soit reconnu par nous comme "Saint", puisqu'Il l'est de toute éternité, bien au-delà de la création de cet espace-temps, au-delà de l'Alpha et de l'Omega, du début et de la fin.

Le Concile Vatican II apporté des versions très controversées de cette Prière. Parfois, la traduction propose plus justement : "Ne nous laisse pas succomber à la tentation".

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Le texte originel grec a connu bien des variantes. L'une des dernières est la traduction de la Bible d'André Chouraki (Desclée de Brouwer), plus littérale et plus explicite quant au pardon proposé :

"Notre Père des ciels, ton nom se consacre,

ton royaume vient, ton vouloir se fait, comme aux ciels sur la terre aussi.

Remets nous nos dettes, puisque nous les remettons à nos débiteurs.

Ne nous fait pas pénétrer dans l'épreuve,

mais délivre-nous du criminel.

Oui, si vous remettez aux hommes leurs fautes,

Il vous les remettra à vous aussi, votre père des ciels.

Mais si vous ne les remettez pas aux hommes,

votre père non plus ne vous remettra pas vos fautes." (Chap. VI, versets 9-15)

Outre le pluriel "les ciels" qui indique l'existence de plusieurs ciels, les 7 cieux que l'on retrouve dans certaines cosmogonies, cette traduction indique les limites de la remise des dettes plus fortement marquée. Le Mal est ici le "criminel" en puissance qui habite tout homme.

 La traduction qui fait foi dans l'Eglise Orthodoxe est la suivante :

"Notre Père qui es aux Cieux,

Que Ton Nom soit sanctifié,

Que ta volonté soit faites sur la terre comme au ciel ;

Donne-nous aujourd'hui notre pain substantiel.

Et remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs.

Et ne nous soumets pas à l'épreuve,

Mais délivre-nous du mal." (p. 72)

Cette traduction est quasi identique à celle de l'Eglise romaine, à ceci près que "la tentation" devient "l'épreuve" et que le pain quotidien est dit "pain substantiel". Or, les hommes sont toujours soumis à la tentation qui est une épreuve à traverser pour faire la preuve de sa sincérité. Et "le pain quotidien" très terre-à-terre" n'est pas "le pain substantiel", qui évoque la Substance unique de toutes les formes créées. "La Langue des Oiseaux" entendrait "Substance-Ciel" puisque cette Substance unique  est manifestée par le Pôle créateur. L'auteure  va jusqu'à  nous dire que le terme grec "Epiousion" signifie "littéralement 'au-dessus de la substance' ou 'supersubstantiel' ". (p. 75) Dit autrement, la Substance de toutes les substances.

La traduction œcuménique de Vatican II en 1966 ajoutait :

" Car c'est à Toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles".

Magali Cazottes cite justement l'Evangile de Jean (Chap.VI, versets 32-33 et 58) :

"En vérité je vous le dis,

ce n'est pas Moïse  qui vous a donné le pain du ciel ;

c'est mon Père qui vous a donné le vrai pain du ciel ;

car le pain de Dieu, c'est le pain de Dieu qui descend du ciel et qui donne la vie au monde…

Tel est le pain descendu du ciel.

Il n'en est pas de lui comme de la manne que vos pères ont mangée ; ils sont morts.

Celui qui mange de ce pain vivra éternellement." (p. 74)

Ce qu'André Chouraki traduit ainsi :

"Iésouha' leur dit 'Amen, amen, je vous dis,

ce n'est pas Moshé qui vous a donné le pain du ciel ;

c'est mon père qui vous donne le pain du ciel, le vrai.

Oui, le pain d'Elohim, c'est celui qui descend du ciel et qui donne vie à l'univers…

Tel est le pain descendu du ciel,

non pas comme ont mangé les pères et ils sont morts.

Qui mâche ce pain vit en pérennité."

"Mourrez avant que de mourir", enseigne un hadith du Prophète qui rejoint là l'Enseignement de Jésus, qui dénonçait les "morts-vivants"..

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Les Cathares avaient un Commentaire du Notre Père que le Parfait, "aussi Parfait  que son Père céleste", n'évoquaient qu'à "mots couverts" cette vérité par crainte de l'Inquisition. Ce qui est la vocation de tout homme né en ce monde. (p. 76)

« En 1947, dans une église d’un village de l’Ariège une vieille dame fut surprise en  train de réciter le Père Saint des Cathares ...

"Père Saint, Dieu Juste des Bons Esprits, toi qui jamais ne te trompas, ni ne mentis ni n’erras, ni ne doutas, de peur que nous ne prenions la mort dans le monde du Dieu étranger - puisque nous ne sommes pas de ce monde et que le monde n’est pas de nous -, donne-nous à connaître ce que tu connais et à aimer ce que tu aimes." (…)

Il est dit très clairement :

– que le Père Saint, le Juste Dieu des bons chrétiens ne doit pas être confondu avec le Dieu jaloux, vengeur, autoritaire et friand de sacrifices de l’Ancien Testament, de la Thora et de l’Église Catholique,

– que ce monde est mauvais, n’est pas le nôtre et que nous n’avons rien à y faire,

– que pour nous sortir de cet enfer dans lequel le démiurge  nous a piégé, il nous faut le savoir et il nous faut Aimer. [1] »

Certes "nous sommes dans ce monde, mais nous ne sommes pas de ce monde." Quant au Démiurge, est-ce Lucifer qui poussa Eve et Adam à manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal ? Ce qui aboutit à la contre création actuelle avec laquelle il n'est as permis de pactiser. 

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La multiplication des pains

et le pain de l'Eucharistie

« Notre Soi essentiel Est, dans d’autres dimensions que celle de notre espace-temps ; et parce qu’Il est vivant, Il s’enrichit de tout ce que ses projections dans cet espace-temps lui permettent de trouver. (…)

"Jésus a dit : “Aujourd’hui, vous mangez des choses mortes et vous en faites ce qui est vivant : [mais] lorsque vous serez dans la Lumière, que ferez-vous ce jour-là où, étant un vous deviendrez deux ; et lorsque vous deviendrez deux, qu’est-ce alors que vous feriez ?” ( Thomas L. 12) Des aphorismes lapidaires de L’Evangile de Thomas, il est encore possible de ressentir la vibration qui touche au cœur. A chacun de voir quelle nourriture lui convient !

Au cours de son enseignement public, Iéshoua‘a multiplié les pains pour la foule venue l’écouter.

"La multiplication des pains, c’est ce que demande la religion exotérique. Mais pour passer à l’Homme véritable, à l’Homme Universel on peut dire, c’est la raréfaction des pains !

Il n’y a pas de problèmes véritables. Dieu aide sans arrêt comme il aide les petits oiseaux, mais après, il y a les moments où Dieu ne t’aide pas. C’est justement pour passer à l’Homme Véritable, à l’Homme Universel qui ne peut s’atteindre que par le retour à la Source, et de là, dans son expression directe, cette mise en forme qu’est le Corps Glorieux. Il faut atteindre à la raréfaction totale. Rien, rien, rien…

C’est complètement autre chose. Il y a ce processus ascensionnel, cette montée vers Dieu qui permettra d’atteindre le point sept, l’homme vertueux. L’Homme véritable est le passage du sept au neuf [2]. C’est un changement de plan. Ce n’est plus une spirale ascensionnelle, c’est vraiment sauter dans le Point formateur de la spirale, dans l’Energie à l’état pur, hors de toute forme (…) Le Christ montre l’exemple, il propose la remontée à ce Point là. [3]" (…)

Ayant eu la vision du Christ en songe, Carlo Suarès rapporte le dialogue qu’il eut avec lui : "Mais, dis-je - et je ne riais plus - n'as-tu pas dit : 'Voici ma chair, mangez ; voici mon sang, buvez.'

Et le Rabbi soudain terrible et comme brandissant la foudre :

'Ceux qui croient manger la chair de ma chair et boire le sang de mon sang, que ce soit en présence réelle ou en présence imagée, pensant m'adorer me maudissent.'

L'apparence du Rabbi avait disparu mais la réponse à la question qui m'était venue à l'esprit fut en moi comme une vision d'une grande simplicité et bouleversante, car je vis la tenace et tragique erreur des hommes qui inlassablement, jour après jour, absorbent l'Esprit et le transforment en matière, dans la cruelle illusion de s'élever vers ce qu'ils détruisent.

Car 1'Énergie supérieure absorbée (mangée) par 1'Énergie inférieure est toujours ramenée au niveau inférieur ; et où, et par quel impossible retour de flamme, trouverait-elle en ce qui l'a réduite sa remontée ?... Alors - et l'on me crut fou - je courus dans la ville en criant :

- 'Faites-vous manger par Dieu ! Faites-vous manger par Dieu !' [4] "

Qu’elle est en vérité la source de cette vision ? Qui peut savoir ? Mais ce témoignage est chargé d’une grande énergie de vérité et mérite d’être longuement médité… pour qu’ensuite soit rendu possible ce qui fut dit :

"Devenez (…) le pain qui se rompt au Nom de Dieu, afin qu’à chaque instant de la Vie, un Etre connaisse la Communion Divine… [5] "

S’unir à Dieu, c’est se laisser absorber entièrement par la Vie ! “ 'Le pain qui se partage à la Communion des saints est le Corps qui se partage et se rompt pour s’Unir à Dieu.'

Comprenez Cela, c’est le Mystère de la Communion qui reste 'mystère' tant que l’être n’a pas réalisé Ce qu’est l’Union Divine. [6] "

"Vous êtes Une Seule et Même Substance en des formes multiples, et lorsque cette Substance a atteint le degré adéquat au Divin, alors elle se rompt et se partage, car c’est une seule et même chose qui retourne au sein de la Fleur Première. [7]" » (8)

[1] http://www.catharisme.eu/voie-cathare-aujourdhui/pensee-cathare-quotidien/leglise-bonhommes-hier-aujourdhui

[2] Voir La Métaphysique des Chiffres. Tous les Chiffres ne disent qu’Unité,  (Auto-édition, 1998), 2ème éd.  : Les Editions du Cosmogone, 2011.

[3] Emmanuel-Yves Monin, Conférence inédite, 1983.

[4] Mémoire sur le retour du Rabbi qu’on appelle Jésus, op. cit.

[5] Karuna Platon, L’Instruction du Verseur d’Eau, Les Editions de la Promesse, 2000., p. 40.

[6] Ibidem., p. 39.

[7] Idem.

[8] Extrait de notre livre " Propos sur la Résurrection de Jésus qui fut appelé Christ", à paraître.

C-ne

Peinture de l'église de Marly-le-Roi, détail du centre de la Cène.

http://vivrevouivre.over-blog.com/article-le-jeudi-saint-commemoration-de-la-cene-quelle-est-la-place-de-marie-madeleine-apotre-et-compagne-116596597.html

 C-neVinci

La Cène de Léonard de Vinci.

http://vivrevouivre.over-blog.com/article-29938919.html