Les Triades se retrouvent dans toutes les Traditions

Les Matrones chez les Gaulois

"Les Matrones ou « Mères » sont des divinités omniprésentes sur le territoire gaulois ; elles sont représentées le plus souvent par trois, portant des cornes d'abondance ou avec un enfant sur les genoux.

Considérées comme très puissantes, elles ont des pouvoirs protecteurs, de vie, de fécondité et de guérison." (Wikipedia)

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Bibracte.

Les Triades se retrouvent dans toutes les religions,

en Grèce, en Egypte, en Chine, chez les Celtes...

Dans toute triade, le premier terme est l'unité de ce Deux-Un qui donne le Trois. Les différents ternaires, trinités ou triades, ne peuvent pas toujours être mis en correspondance et ceux qui sont de même type « se situent cependant à des niveaux différents, soit dans l'ordre principiel, soit dans l'ordre de la manifestation, soit même    respectivement dans l'un et dans l'autre.(1) »  


1 - GUÉNON, René - La Grande Triade - Gallimard, 1957, p. 18. 
                                                              La Trinité chrétienne

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Pierre polychrome, Musée municipal de Vannes.      

La Sainte Trinité du christianisme comprend le Père, le Fils et le Saint-Esprit, trois personnes (1) égales, distinctes et consubstantielles, (2) symbolisées dans l'ancien catéchisme par les côtés égaux du triangle équilatéral. « Le Père n'est jamais sans le Fils, ni le Fils “Père”, mais dans le Père est l'essence du Fils et dans le Fils l'essence du Père », enseignait saint Anselme (3).  

1 x 1 x 1 = 13  

C'est la perfection cubique que les Hébreux tenaient des Egyptiens et dont la source est vraisemblablement sumérienne. A Jérusalem, « le Saint des Saints des trois Temples des Ecritures, représentation et abri du Dieu 1, est en effet constitué par un cube de 20 coudées de côté : ce volume exprime en effet toutes les perfections (celle des six faces identiques du cube, celle du nombre 2, celle du nombre 10, celle du nombre 5 et celle de la puissance cubique 1 x 1 x 1 = 13) (4) »  

Les monophysites ne reconnaissent en Jésus-Christ qu'une seule nature humaine. Ils furent condamnés au Concile de Chalcédoine en 451. Les Eglises arménienne, jacobite de Syrie, copte d'Egypte et d'Ethiopie sont monophysites.    

Pour Plotin, il y a trois hypostases (principes divins) : l'Un qui est et dont on ne peut rien dire, l'Intelligence, qui contient les idées au sens platonicien, et l'âme qui produit le monde d'après les idées.  
 
En 325, le Concile de Nicée avait proclamé le Fils « vrai Dieu issu du vrai Dieu »,  « consubstantiel au Père ». 
1 - Pour les théologiens catholiques, il y a en Dieu trois hypostases (personnes) et une seule nature (divine) ; en Jésus-Christ, une hypostase et deux natures (humaine et divine).    
2 - L'Arianisme, refusant le dogme de la Sainte Trinité, fut condamné au Concile de Constantinople en 381. Pour Arius 1 + 1 + 1 = 3 et non 1 x 1 x 1 = 1 !
3 - Monologion - p. 136.       
4 - JOUEN, Georges - Les Nombres cachés : ésotérisme arithmologique - Dervy-Livres, 1982, p. 47.   

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L'Unicité dans le Coran
  

"Déçu par les querelles byzantines des chrétiens de son temps, Mahomet, « Sceau des Prophètes » après Abraham, Moïse et  Jésus, transmettant les vérités que Dieu lui dévoile par l'ange Gabriel, récuse aussi bien les subtilités théologiques des chrétiens que les innombrables prescriptions rituelles des Juifs. Le  Coran affirme essentiellement l'unicité d'Allah ; « le mystère d'un Dieu en trois personnes paraît, aux yeux des musulmans, incompatible avec la notion de l'unicité divine ; le mystère de l'Incarnation leur semble comporter l'association d'une créature à Dieu dont l'unicité serait ainsi mise en cause. (5) »      

Que dit le Coran à ce sujet ?      

« Ô vous qui avez reçu les Ecritures, ne dépassez pas les limites de votre religion, ne dites d'Allah que ce qui est vrai. Le Messie, Jésus fils de Marie, est l'apôtre d'Allah et son verbe qu'il jeta dans Marie : il est un esprit venant d'Allah. Croyez donc en Allah et en ses  apôtres, et ne dites point : il y a Trinité. (6) »      

L'Islam proscrit toute représentation de la divinité par l'image. Cependant, ce Dieu aux multiples attributs est principalement Unique, Transcendant et Créateur."

5 -  SAIRIGNÉ, Guillemette de - L'Islamisme - Seghers, 1977, p. 86.         

6 - Sourate  4 - Les femmes, v. 169 - Trad. Kasimirski in SAIRIGNÉ, Guillemette de - L'Islamisme - Seghers, 1977.  


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                                                        La Trilogie dans la Kabbale juive.
        

"Dans la Kabbale, la trilogie est constituée de En qui est le tout-rien, la Source, puis En-Sof, le voile de la conscience immanente, et enfin En Sof Aour, la lumière. Les premiers Séphiroth sont classés en trois ternaires. Dans le Sepher Ietsirah, le Un est le Trois : « On dit (...) que le point primordial incompréhensible, qui est l'Un non-manifesté, en forme trois qui représentent le Commencement, le Milieu et la Fin, et que ces trois points réunis constituent la lettre iod, qui est ainsi l'Un manifesté (ou plus exactement affirmé en tant que principe de la manifestation universelle), ou, pour parler le langage théologique, Dieu se faisant “Centre du Monde” par son Verbe. (7) »    

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L'arbre kabbalistique des dix sephirot.  

La création précipite l'homme dans le temps. Celui-ci est Triple et « le Tétragramme  hébraïque est considéré comme constitué grammaticalement par la contraction des trois temps du verbe “être” ; par là, il désigne le Principe, c'est-à-dire l'Etre pur, qui enveloppe en lui-même, les trois termes du “ternaire universel”, suivant l'expression de Fabre d'Olivet, comme l'Eternité qui lui est inhérente enveloppe en elle-même le “triple temps”. (8) »"     

 

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Le Tétragramme dans une sacristie, en Suède, avec les voyelles de « Jéhovah »

 7 - GUÉNON, René - Le Symbolisme de la Croix - Paris : Véga, 1984, p. 33.          
 8 - GUÉNON, René - La Grande Triade - Paris : Gallimard, 1957, p. 183.          

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La Trimûrti indienne

"Dans la Trimûrti indienne, les hypostases du Principe suprême sont Brahmâ, le dieu créateur correspondant au Père de la religion chrétienne, Vishnou, le Conservateur et Shiva le Destructeur. Brahmâ a lui-même, d'après le Vedânta, trois aspects : Sat (Etre absolu) - Chit (Conscience    absolue) - Ananda (Félicité suprême).  

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Trimurti

L'aspect réceptif de cette triple énergie est personnifié par les trois Shakti, respectivement Saraswatî, Déesse du “flot des paroles”, Lakshmî, Déesse de l'abondance et du bonheur, et Parvâti, la “Divine Mère”. L'activité de la     Trimûrti créatrice s'exprime par les trois principes : Purusha, le Soi, l'Absolu, la Conscience pure, la Lumière source de toute lumière, l'essence universelle qui donne forme à la substance ; Prakriti, la substance universelle dont est faite la matière, analogue à la Nature naturante ; Mahat-Buddhi, l'Esprit, l'Intelligence, l'Idéation, la Sagesse universelle."  

Chez les Soufis et les Fidèles d'Amour

Mais, au-delà des croyances, des dogmes pétrifiants, des interdits et des excommunions qui entraînent haines et guerres, parmi les Soufis, des considérations subtiles réservent des surprises.

C'est ainsi que Daylami parle de l'amour naturel comme "comme une pensée Lumineuse, apparue de la prééternité dans le contingent, ou elle se divisa en trois : amant, aimé, amour, quoique provenant d'une origine unique. Et si l'on nous dit : comment se fait-il que le Un se divise en Trois, et comment le flux de l'Un est-il Trois ? Nous répondons : cet amour est Trois par rapport à toi, Un par rapport à lui...(9)"

L'Illustration en est le couple alchimique parfait Leïla et Majnûn.    

9 - cité par Louis Massignon, Ecrits mémorables I,"ANA AL HAQQ", p. 461, Robert Laffont, 2009.

 Pour la symblique du chiffre 3 : 

La Métaphysique des Chiffres. Tous les chiffres ne disent qu'Unité, (auto-édition, 1998),

2ème éd. Editions du Cosmogone, 2012.